Un exemple de génosociogramme, lu pas à pas

Voici un exemple de génosociogramme complet, sur quatre générations. La famille est fictive. On la dessine, puis on la lit ensemble, en repérant ce qui revient d'une génération à l'autre.

La famille de Léa

Léa Martin est née en 1994. Elle est graphiste à Lyon. Séparée à 31 ans, elle sent monter une inquiétude à l'approche de ses 32 ans, sans pouvoir l'expliquer.

Elle décide de dessiner son génosociogramme. Elle commence par ce qu'elle sait, puis interroge sa mère pour compléter le côté maternel. Du côté de son père, elle connaît surtout ses grands-parents.

  • Léanée en 1994, graphiste
  • Hélène, sa mèrenée en 1963, enseignante, divorcée à 32 ans
  • Marc, son pèrené en 1960, commercial, parti après le divorce
  • Jeanne Durandgrand-mère maternelle, enseignante, veuve à 32 ans
  • Henri Durandgrand-père maternel, menuisier, mort à 34 ans
  • Rosa et Antoniogrands-parents paternels, arrivés d'Italie en 1949
  • Jeanne Moreauarrière-grand-mère, institutrice, veuve de guerre à 28 ans
  • Louis Moreauarrière-grand-père, cheminot, mort au front en 1940

L'arbre dessiné

Carré pour un homme, cercle pour une femme, croix pour une personne décédée. Le trait horizontal relie un couple, les deux barres obliques marquent un divorce. Léa est au centre, avec un double contour.

1 2 3 4 Louis 1910 – 1940 cheminot mort au front à 30 ans Jeanne Moreau 1912 – 1988 institutrice veuve à 28 ans Jeanne Durand 1938 – 2015 enseignante veuve à 32 ans Henri 1936 – 1970 menuisier mort à 34 ans Rosa 1935 – 2010 couturière arrivée d'Italie en 1949 Antonio 1932 – 2001 maçon arrivé d'Italie en 1949 Hélène née en 1963 enseignante divorce à 32 ans Marc né en 1960 commercial parti après le divorce Léa née en 1994 graphiste à l'approche de 32 ans

Fais glisser le schéma pour le voir en entier.

Les arrière-grands-parents paternels ne sont pas connus de Léa : ils n'apparaissent pas. Un côté moins rempli est fréquent. Tous les symboles sont expliqués sur la page les symboles du génosociogramme.

La lecture, pas à pas

On regarde l'arbre dans son ensemble, puis on cherche ce qui revient. Chaque répétition est une coïncidence à interroger, pas une cause. Elle ouvre une question.

  1. Un âge qui revient : 32 ans

    Jeanne Durand devient veuve à 32 ans. Sa fille Hélène divorce à 32 ans. Léa, à l'approche du même âge, sent monter une inquiétude.

    Jeanne, 32 ans, 1970puisHélène, 32 ans, 1995puisLéa, bientôt 32 ans

    Que s'est-il passé, pour chacune, autour de cet âge ? Qu'en a-t-on raconté à Léa ?

  2. Un prénom transmis : Jeanne

    La grand-mère de Léa porte le même prénom que sa propre mère. Les deux Jeanne ont un autre point commun : chacune a perdu son mari jeune et a élevé seule ses enfants.

    Pourquoi ce prénom a-t-il été choisi ? Qu'est-ce qu'il portait pour la famille ?

  3. Un métier sur trois générations

    Jeanne Moreau était institutrice. Sa fille Jeanne Durand, enseignante. Sa petite-fille Hélène, enseignante elle aussi. Léa est graphiste : elle a pris un autre chemin.

    institutricepuisenseignantepuisenseignantepuisgraphiste

    Comment ce métier s'est-il transmis ? Qu'a-t-on dit quand Léa en a choisi un autre ?

  4. Deux veuvages, à trente ans d'écart

    En 1940, Louis meurt au front. Jeanne Moreau a 28 ans et ne se remarie pas. En 1970, Henri meurt dans un accident de travail. Jeanne Durand a 32 ans et élève seule ses trois enfants.

    Quelle image du couple et de la femme seule s'est construite dans cette lignée ?

  5. Un exil côté paternel

    Antonio et Rosa arrivent d'Italie en 1949, adolescents. Leur nom de famille est francisé. Marc, leur fils, part après le divorce et reste peu présent ensuite.

    Qu'a-t-on gardé, et qu'a-t-on laissé, en quittant l'Italie ? Comment parlait-on des départs dans cette famille ?

Ce que Léa peut se demander

L'arbre ne donne pas de réponse. Il aide à poser de meilleures questions, et à distinguer ce qui appartient à son histoire de ce qui vient d'avant.

  • Mon inquiétude à l'approche de 32 ans est-elle vraiment la mienne ?
  • Qu'est-ce que je sais de la vie de ma mère et de ma grand-mère à cet âge-là ?
  • Qu'est-ce que je pourrais vivre autrement, en connaissant cette histoire ?

Des coïncidences, pas des causes. Ces rapprochements ne disent pas ce qui va arriver à Léa. Ils montrent des dates et des événements qui se répondent. C'est à elle de voir ce qui lui parle, et ce qui ne la concerne pas.

À toi de jouer

Ouvre l'arbre de Léa dans l'outil pour voir les répétitions repérées automatiquement. Puis crée le tien, avec ce que tu sais déjà.